Par Pierre

25 août 2015

Château de Schönbrunn

Reprenons notre voyage en Autriche là où nous l’avions laissé il y a quelques jours, à savoir dans un train qui nous emmenait à Salzbourg. Dans la première partie de notre récit, nous avons découvert Munich en Bavière puis Innsbruck dans le Tyrol autrichien. A présent, attardons-nous sur Salzbourg, ville passionnée de musique classique, avant de reprendre notre route en direction de Vienne, la capitale de ce beau pays.

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Jour 5 : arrivée à Salzbourg

Lorsque nous arrivons à la gare de Salzbourg, nous ne prenons pas vraiment le temps de visiter la ville, car nos hôtes Couchsurfing nous ont proposé de venir directement chez eux. Comme nous sommes chargés et que le soleil est impitoyable, c’est une offre qui ne se refuse pas.
Nous prenons donc le bus en direction de la gare de Salzburg Süd qui, les plus perspicaces l’auront remarqué, se trouve au sud de la ville. La chaleur est étouffante et nous avons du mal à trouver la maison que nous recherchons. Je me résous à demander mon chemin à un groupe d’ouvriers qui travaillent tout près. L’idée s’avère très bonne car l’un d’entre eux, très sympathique, m’indique la route à suivre, avec un fort accent autrichien en prime. Je n’ai guère l’habitude d’entendre des R aussi roulés en allemand !

J’en profite pour digresser et évoquer une règle qui pourrait vous être utile : les personnes issues des classes populaires ont généralement un accent et des tournures de phrases plus marqués que celles appartenant aux milieux intellectuels. Ces dernières ont quant à elle tendance à avoir une expression plus proche de la langue standard de leur pays. Si vous souhaitez découvrir toutes les variantes d’une même langue, essayez toujours de converser avec des personnes de tous horizons géographiques et sociaux.

Cathédrale de Salzbourg
La ville de Salzbourg vue depuis le château. La cathédrale de la ville est reconnaissable à ses deux tours blanches.

Une mise au vert bienvenue

L’après-midi, notre hôtesse nous propose de nous emmener dans les montagnes pour fuir la chaleur accablante. Nous acceptons avec joie et remettons donc notre visite du centre-ville de Salzbourg au lendemain.
Nous profitons de cette randonnée pour découvrir l’une des passions de notre hôtesse : chercher des fossiles dans le lit des rivières montagneuses. Plus tard, nous gagnons les collines depuis lesquelles nous avons une superbe vue de Salzbourg, avec des mûres sauvages disponibles à volonté. Une belle manière de passer la journée.

Jour 6 : visite de Salzbourg

Le matin, nous prenons le bus qui nous emmène directement dans le centre de Salzbourg. Sans surprise, la ville est extrêmement touristique et voue un culte sans borne à son enfant prodige, Wolfgang Amadeus Mozart. Son nom et son portrait sont partout, tout comme les Mozartkugeln (« boules de Mozart »), célèbres bonbons au chocolat et à la pâte d’amande créés à la fin du XIXe siècle et disponibles dans la quasi-totalité des magasins.
Le compositeur a laissé sa trace dans deux endroits notables, sa maison de naissance (Geburtshaus), dans laquelle il vécut jusqu’à ses dix-sept ans, et la maison dans laquelle il passa les huit années suivantes (Wohnhaus).

Laissons là le compositeur et attardons nous sur les autres particularités de Salzbourg, qui sont nombreuses. Tout d’abord, comme à Innsbruck, je vous recommande vraiment de vous perdre dans les ruelles de la vieille ville, comme la Judengasse ou la Goldgasse, plus calmes que les grandes artères et parsemées de passages couverts reliant les rues entre elles.

La ville aux cent églises

Salzbourg est réputée pour ses églises, nombreuses à cause du passé religieux de la ville : du VIIe au XIXe siècle, elle a été gouvernée par des évêques, qui ont laissé leur empreinte sur l’architecture locale. Les lieux de culte le plus réputé est la cathédrale Saint-Rupert (Salzburger Dom), maintes fois détruite et reconstruite, le couvent des Capucins, situé sur une colline surplombant le Salzach, et enfin l’abbaye de Nonnberg, rendue célèbre par le film La Mélodie du Bonheur de 1965.

Abbaye de Nonnberg
L’abbaye de Nonnberg vue depuis le Kapuzinerberg. Son clocher la rend très facile à reconnaître.

L’édifice le plus impressionnant de Salzbourg reste sans doute la forteresse d’Hohensalzburg, château du XIe siècle étonnamment bien conservé. Il est possible d’y accéder via un funiculaire ou une marche dans des rues escarpées. Je préfère cependant vous prévenir : l’entrée est payante. Au moins, vous ferez cette ascension en connaissance de cause.
Personnellement, j’ai également été surpris par le réseau de tunnels sous le Mönchsberg, à l’ouest de la vieille ville. Le Sigmundstor est le plus connu, mais les autres galeries valent le détour : le contraste entre le centre-ville baroque et ces décors dignes d’un film d’espionnage est assez amusant. Outre un parking, ce complexe abrite des abris anti-aériens construits pendant la seconde Guerre mondiale.

Sur l’autre rive du Salzach se trouve le château Mirabell et ses somptueux jardins. S’il date du début du XVIIe siècle, la version moderne du palais remonte quant à elle au XVIIIe siècle.

Salzbourg - château Mirabell
La façade du château Mirabell.

La partie est de la ville est globalement moins chargée en monuments, mais rien ne vous empêche de prendre de la hauteur sur le Kapuzinerberg, où se trouve le couvent des capucins que nous avons évoqué plus haut. En revanche, et c’est le cas un peu partout dans Salzbourg, il faut aimer grimper !

Je terminerai ce panorama de Salzbourg par une anecdote linguistique : Salzburg signifie plus ou moins « château du sel » en allemand. Cette étymologie (Salz, le sel) se retrouve également dans Salzach, nom de la rivière qui traverse la ville. Historiquement, le transport du sel sur ce cours d’eau a apporté la prospérité à la ville de Salzbourg et à sa région.

Salzbourg - Vieille ville
La vieille ville vue du Kapuzinerberg. En haut : le château. A gauche : le carillon. A droite : la cathédrale.

Jour 7 : départ de Salzbourg et arrivée à Vienne

Le matin, après avoir magistralement raté deux bus d’affilée, nous prenons finalement le S-Bahn (sorte de RER) jusqu’à la gare de Salzbourg. Après cette trop courte visite de Salzbourg, il est temps de partir pour Vienne. Encore une fois, le système de réservations des trains autrichiens m’échappe complètement, mais c’est ce qui fait le charme d’un voyage, dirons-nous !

Vienne, capitale de l’Autriche

Après un trajet de deux heures le long de la vallée du Danube, nous arrivons à Westbahnhof (littéralement : « gare de l’Ouest »), l’une des deux gares principales de la ville. Comme la station d’U-Bahn (métro) où nous devons rejoindre notre hôte Couchsurfing est toute proche de la gare, nous décidons d’y aller à pied et en profitons pour découvrir Vienne le long de la Gürtel. Cet ensemble de rues forme une sorte de ceinture (Gürtel signifie « ceinture » en allemand) en demi-cercle autour de la ville.

Une grande métropole dans un petit pays

Le fait de découvrir Vienne après d’autres villes autrichiennes plus modestes laisse une forte impression : la ville frappe par son envergure de métropole européenne. Je n’ai pas vu Graz (deuxième ville du pays) et j’ai entraperçu Linz (troisième ville) lorsque le train y a fait une escale, mais à côté d’Innsbruck et de Salzbourg, Vienne semble gigantesque.

Cette démesure à l’échelle de l’Autriche a une explication simple : Vienne était jadis la capitale du vaste empire austro-hongrois, qui comptait plus de 52 millions d’habitants en 1914. Vienne rivalisait alors avec Paris et Londres du point de vue de sa population et les autres grandes villes de l’empire étaient alors Prague ou Budapest. A la fin de la première Guerre mondiale, l’Autriche-Hongrie est démantelée et Vienne se retrouve enfermée dans un pays qui ne représente plus qu’une portion de l’ancien empire.
Ce phénomène se reflète surtout dans les bâtiments de commandement, parlement en tête, immenses si on les rapporte à l’importance politique actuelle du pays.

Vienne - Melange
Vienne est aussi l’une des capitales du café. Ici, le fameux Melange, sorte de café-crème très apprécié des Viennois.

La vieille ville et le Ring

Après avoir fait connaissance avec notre nouvel hôte, nous décidons de partir à la découverte du centre-ville historique (Innere Stadt), soit le premier arrondissement de Vienne. Jusqu’en 1857, ce secteur contenait même l’intégralité de la ville de Vienne et était encerclé par une muraille, progressivement démantelée pour laisser place au célèbre Ring, boulevard de ceinture entourant la vieille ville.

Nous choisissons de commencer notre parcours par la Stephansplatz, véritable cœur de Vienne, sur laquelle se dresse la cathédrale Saint-Etienne. En arrivant sur les lieux, je ressens un peu le malaise que j’avais évoqué en parlant d’Innsbruck : une coïncidence fait que le premier objet à entrer dans mon champ de vision en sortant du métro est le gros M jaune de Mc Donald’s et je ne tarde pas à repérer un H&M dans un très beau bâtiment de la célèbre rue Graben. La mondialisation dans ce qu’elle a de pire…
Allez, j’arrête de râler et je reprends mon récit : le centre de Vienne jouit d’une concentration assez incroyable de bâtiments historiques, comme le palais de Hofburg, l’opéra d’Etat, l’Albertina et l’ensemble du quartier des musées. Il faudrait plusieurs semaines simplement pour découvrir cette partie de la ville.

Le soir, nous rejoignons une amie qui habite Vienne et qui nous emmène devant le Rathaus (hôtel de ville), où se tiennent des manifestations culturelles. Finalement, nous décidons d’aller manger dans un restaurant où je découvre enfin le fameux Schnitzel, sorte d’escalope panée emblématique de la ville.

Vienne - Heldenplatz
Statue équestre de Charles d’Autriche sur la Heldenplatz (« place des héros »). Au loin, on distingue l’hôtel de ville (Rathaus).

Jour 8 : le château de Schönbrunn

Cette journée commence plutôt mal : je suis tombé malade pendant la nuit et je me rends compte que j’ai égaré ma carte bleue. Cet incident m’aura au moins permis de parler allemand au téléphone en appelant le restaurant de la veille et le service des objets trouvés… sans succès.

Nous ne laissons pas démonter et décidons de consacrer une partie de la journée à la visite du château de Schönbrunn (littéralement : « belle fontaine »), dont vous avez vu une photo en tête d’article. Résidence d’été des empereurs d’Autriche (par opposition à la Hofburg, résidence d’hiver), le palais peut facilement être qualifié de « Versailles à l’autrichienne ». C’est d’ailleurs ici que mourut le fils de Napoléon, en 1832.

Parc de Schönbrunn
Le parc du château, avec sa fontaine et sa gloriette.

Le château est sublimé par un immense parc, où presque tout est malheureusement payant. C’est bien simple, pour visiter l’ensemble du domaine (château, zoo, palmeraie, labyrinthe…), il faut débourser pas moins de 50 € par personne. Il reste heureusement possible de se promener librement dans une grande partie du parc, ce qui vous satisfera amplement si votre séjour à Vienne est court.

Schönbrunn et Vienne
Vue de Schönbrunn et de la ville de Vienne, depuis la gloriette du parc.

Dans la troisième et dernière partie de ce dossier, nous terminerons le récit de ce séjour à Vienne, avant de partir pour Bratislava.

Pierre

Fondateur du Monde des Langues, j'aide les passionnés de langues à devenir plus autonomes et à atteindre leurs objectifs. J'ai eu l'occasion d'apprendre l'allemand, l'anglais, le finnois, l'italien et le japonais.

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