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Cinq habitudes à prendre pour améliorer votre oral

Si vous avez l’habitude d’apprendre les langues depuis plusieurs années, voici une situation dans laquelle vous vous reconnaîtrez sans doute : vous commencez l’étude d’une langue, apprenez du vocabulaire, travaillez votre grammaire puis, au bout d’un moment, vous vous sentez fin prêt à partir dans le pays pour parler au plus grand nombre de gens. Hélas, une fois sur place, vous constatez avec horreur que personne ne vous comprend !
Face à cette situation, il y a deux causes probables, l’une étant plus grave que l’autre : soit vous n’avez pas intégré les sonorités et la mélodie de la langue, soit vous parlez avec l’accent d’une région ou d’un pays là où il n’est pas compris.
Dans ces deux cas, la conclusion est la même : il est impératif de travailler votre oral, rigoureusement et en commençant le plus tôt possible.

Travailler l’oral seul, une tâche difficile

Il faut bien l’admettre, pour perfectionner son oral, rien ne remplace la confrontation avec une personne maîtrisant la langue et capable de détecter nos erreurs et de les corriger. Je me souviens avoir appris la prononciation du th anglais (le son « θ », comme dans thief ou faith) grâce à un ami anglophone au lycée, qui ne comprenait pas que je n’arrive pas à prononcer ce son aussi évident pour lui !
Forcément, lorsqu’on se retrouve seul chez soi à étudier une langue, il est plus difficile de prendre de bonnes habitudes à l’oral. Voici donc quelques conseils qui vous permettront de travailler votre oral en partant sur des bases solides.

Les bonnes habitudes à prendre pour améliorer son oral

Commencez par l’oral, pas par l’écrit

C’est ce que vous avez naturellement appliqué pour apprendre votre langue maternelle, pourquoi ne pas reproduire une stratégie gagnante ? Je vous recommande donc, lors de votre premier contact avec une langue étrangère, de laisser momentanément de côté tous les aspects traditionnellement liés à l’écrit, c’est-à-dire l’alphabet, la grammaire, le vocabulaire… Contentez-vous d’écouter la langue et de vous familiariser avec ses sonorités.
Si vous ne prenez pas la peine de faire cet exercice, vous risquez de prendre le problème de la prononciation à l’envers : vous vous focaliserez sur le texte, en « imaginant » la prononciation et donc en éliminant toutes les différences qui existent vis-à-vis du français. Encore une anecdote personnelle, mon prof d’anglais de seconde nous avait appris le mot squirrel (écureuil) à l’oral et avait tenu à ce que nous soyons capables de le prononcer avant de nous donner la forme écrite, en ajoutant, non sans malice : « Si je vous l’écris tout de suite, vous allez me le prononcer ‘squirèle’ ! ».
C’est également pour cette raison qu’une méthode de langue sans contenu audio me paraît totalement inutile : une langue ne s’apprend pas à l’écrit.

Répétez : la méthode du perroquet

Lorsque je travaille sur une méthode (Assimil ou autre), j’aime procéder de la sorte à chaque leçon : je commence à travailler sur le fichier audio, d’abord en l’écoutant, sans chercher à lire le texte. Puis je repasse le fichier audio en marquant une pause après chaque phrase, puis en la répétant. Cela me permet de bien saisir la musicalité de la phrase, en identifiant les mots mis en valeur et les accents toniques (partie d’un mot étant accentuée).
Pour bien travailler votre oral, je vous invite donc à faire de même dans chaque leçon de votre méthode, ou dans des contenus plus exotiques : chansons, émissions de radio, voire extraits de films.
Pour aller encore plus loin, essayez de prononcer le texte en même temps que la personne qui parle. Cet exercice de mimétisme, en plus d’être amusant, vous forcera à adopter exactement le même phrasé qu’un locuteur de la langue.
Un dernier conseil avant de changer de sujet : lorsque vous répétez votre texte, ne marmonnez pas dans votre barbe, parlez fort ! 🙂

L’API, votre ami pour la vie

L’alphabet phonétique international (API) a été inventé à la fin du XIXe siècle, dans le but de retranscrire phonétiquement toutes les langues du monde. Il est notamment utilisé dans les dictionnaires pour donner la prononciation d’un mot. Même si son apparente complexité peut rebuter, rien ne vous oblige à l’apprendre par cœur (j’en serais bien incapable !), gardez simplement une référence à portée de main. Wikipédia propose des ressources très intéressantes, pour les consonnes, comme pour les voyelles. Ainsi, vous serez en mesure d’intégrer chaque nouvelle sonorité propre à la langue.
Sautez également sur les sites proposant à la fois une retranscription phonétique et un enregistrement sonore pour un mot donné. Le Wiktionnaire (et son pendant anglophone, le Wiktionary) ou Wordreference (pour l’anglais notamment) sont autant de ressources inestimables. Ne les négligez pas, surtout pour des langues à la prononciation délicate, comme l’anglais ou le russe.
Pour aller plus loin, vous pouvez aussi vous procurer un guide phonétique s’il en existe dans votre langue, accompagné d’un CD, cela va de soi.

Demandez l’avis d’un locuteur

Bien qu’il soit possible d’améliorer considérablement son oral en travaillant seul, on ne peut faire l’impasse sur les conseils avisés d’un locuteur de la langue. Pourquoi ? Vous avez sans doute remarqué, par exemple, que les Japonais avaient du mal à faire la différence entre notre l et notre r. Cela donne d’ailleurs des interprétations « fantaisistes » des langues occidentales, le fameux Engrish. Avant de ricaner, pensez que c’est également notre cas, certains sons n’existent pas dans notre langue et nous avons du mal à les distinguer. Lorsque nous les entendons, nous avons tendance à les prononcer comme nous prononçons le son français le plus proche, sans nous rendre compte de notre erreur. Il est alors facile de prendre de mauvaises habitudes, extrêmement difficiles à perdre par la suite.
Essayez donc, le plus tôt possible, de trouver un locuteur de la langue, qui vous aidera à prononcer correctement ces sons si retors et vous corrigera en cas d’erreur.

Cessez de vous trouver des excuses !

J’ai remarqué un comportement curieux, hélas assez répandu : des personnes parlant plutôt bien une langue étrangère, mais ayant abandonné l’idée de la prononcer correctement. « Je n’arrive pas à rouler les r, donc je ne le fais jamais », « Je n’essaie pas de parler l’anglais comme les Américains, je me sens stupide quand j’essaie, ça fait frimeur », « Un accent français quand on parle anglais, c’est sexy ! », la liste est sans fin.
Je vois dans ces explications une fausse excuse, due à une peur du ridicule, un problème qui a déjà été abordé dans un précédent article. La véritable formulation serait plutôt « j’ai peur de mal prononcer la langue et qu’on se moque de moi, donc je ne fais pas d’efforts ».
Je ne le répéterai jamais assez, les chances pour que l’on se moque de votre prononciation sont minimes, donc n’ayez pas peur, lancez-vous !

J’espère que ces quelques conseils vous permettront de décomplexer votre rapport à l’oral et de vous améliorer sur ce point, qui est trop souvent le parent pauvre de l’étude des langues.

Crédit photo : MTSOfan sur Flickr

5 réflexions sur « Cinq habitudes à prendre pour améliorer votre oral »

  1. Jacques

    Je ne crois pas que les difficultés de la prononciation de l’Anglais soient réservées aux hexagonaux. J’ai visionné récemment via FB une vidéo très drôle mettant en scène une jeune personne anglaise et un jeune homme venu des Etats-Unis.
    Il y avait en incrustation de l’écran un mot ( Anglais bien entendu) qu’ils devaient prononcer chacun à sa manière. C’était vraiment très drôle (notamment les noms de lieux) car ce jeune homme n’arrivait à rien prononcer correctement (peut-être un ou deux mots et encore…..)

    Voilà, c’était juste une anecdote légère….

    Cordialement

  2. Vespertine

    Merci Pierre ! Je fais hélas partie de ces personnes qui n’osent pas faire des efforts de prononciation de peur du ridicule… Mais grâce à cet article, je pense que maintenant, je vais oser me lancer !

  3. Cécile Favand

    Pour entraîner la prononciation (anglais, allemand, portugais), je suis passée par la phase lire des textes à haute voix. Ceci m’a permis d’automatiser la production des sons différents de ceux de ma langue maternelle (français). Rien que ça, en soi, est une compétence nouvelle qu’il faut acquérir: ou placer la langue, comment faire résonner les nasales, etc.. Bien sûr, il est nécessaire de demander (de temps en temps) à un locuteur natif de vous corriger pour ne pas prendre de mauvaises habitudes. Ou, si on a une bonne oreille, on peut s’enregistrer et s’écouter, pour repérer la différence entre ce qu’on a prononcé et comment on l’a déjà entendu prononcé par un locuteur natif.

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