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L’étrange lien entre l’aïkido et l’étude des langues

L’article du jour ne sera pas consacré aux arts martiaux, mais à une façon de voir les choses qui m’a été inspirée par plusieurs années de pratique de l’aïkido. Elle m’a aidé à intégrer des tâches a priori rébarbatives dans ma vie quotidienne, à ne plus les voir comme des contraintes mais comme une routine finalement assez plaisante. Si, comme moi, vous avez déjà éprouvé des difficultés à travailler régulièrement et à rester motivé sur le long terme, ces conseils vous permettront d’y remédier, en changeant quelques-unes de vos habitudes.

L’aïkido ou le combat sans violence

L’aïkido est un art martial créé au Japon par Morihei Ueshiba, dans les années 1930. Reprenant des techniques guerrières ancestrales pour les adapter aux problématiques du monde moderne, l’aïkido a été fortement influencé par la philosophie pacifiste de son créateur.
En aïkido, l’uke (attaquant) porte une attaque au tori (défenseur), qui la repousse en utilisant une technique appropriée. Ici, il ne s’agit pas de s’opposer physiquement à l’attaque en recourant à la force brute, mais d’employer l’énergie de l’adversaire pour la retourner contre lui. De la même manière, l’aïkidoka ne cherche pas à vaincre son adversaire, mais à neutraliser son agressivité.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’y a pas de compétition en aïkido. En japonais, aiki signifie en gros « concordance des énergies » : les énergies de l’attaquant et de l’attaqué ne vont pas s’opposer, mais agir en concordance pour les faire évoluer tous les deux, pour passer de l’agressivité à un état où cette agressivité n’existe plus.

Mais… Quel rapport avec les langues ?

J’y viens, un peu de patience ! Laissons ici l’aïkido et sa philosophie, d’autres en parleront bien mieux que moi. Je vais à présent vous expliquer comment appliquer les principes énoncés plus haut à d’autres activités, langues étrangères comprises.

Ne forcez pas votre nature

J’ai récemment lu sur un blog dédié au japonais (aucun lien avec l’aïkido, mais belle coïncidence quand même) une phrase qui m’a beaucoup marqué. L’auteur y exposait une idée simple mais révélatrice : en ne faisant pas votre travail quotidien, vous ne perdez pas de temps, bien au contraire, vous en gagnez. En effet, alors que vous n’êtes pas en train de vous casser la tête sur de la grammaire ou du vocabulaire, vous avez le champ libre pour vous adonner à des activités plus immédiatement gratifiantes : regarder la télé, jouer à des jeux vidéo, traîner sur Internet…

Si, en suivant ce schéma, vous perdez en régularité et vous n’arrivez plus à vous discipliner, alors la raison en est simple : vous vivez vos sessions de travail comme une contrainte. L’être humain est paresseux par nature et a tendance à s’orienter instinctivement vers les activités qui ne demandent pas d’effort. Il n’y a aucune honte à cela, nous sommes faits ainsi et pas autrement.
Certes, vous ne changerez pas la nature humaine, mais vous pouvez d’ores et déjà réduire ce que j’appellerai les points de friction.

Les bonnes habitudes

Ce processus consiste à ne plus voir vos leçons quotidiennes comme des « pièces rapportées », mais comme une composante naturelle de votre vie.
Prenons un exemple : vous viendrait-il à l’esprit de sauter le petit-déjeuner que vous avez l’habitude de prendre chaque matin ? Sûrement pas, car c’est un élément de votre vie qui est à la fois plaisant et intégré dans votre quotidien. Pourquoi vous en priver ?
C’est précisément l’état que vous devez atteindre avec les langues.

La résistance ne vous mènera nulle part

Enfin, vous allez comprendre pourquoi je vous embête avec ce sport : en aïkido, si vous tentez de vous opposer par la force à votre adversaire, vous vous retrouverez bloqué et ce ne sera pas agréable pour vous. Au contraire, si vous utilisez l’énergie de votre adversaire, vous pouvez l’accompagner dans son mouvement et retourner ce dernier à votre avantage.

Deux petits schémas pour être sûr que vous ayez bien assimilé ce principe, très simple mais pas forcément évident à expliquer :

motivation_friction

Vous vous forcez : le travail est vécu comme une contrainte et reste peu efficace.

motivation_naturel

Votre travail s’intègre naturellement dans votre vie, vous êtes efficace.

Eliminez les points de friction

A présent, prenez le temps de réfléchir aux différents éléments qui vous empêchent de travailler régulièrement et sérieusement. Nous les appellerons « points de friction ». Si possible, faites-en une liste sur papier, vous ordonnerez beaucoup mieux vos idées ainsi.
Pour chaque point, demandez-vous comment vous pourriez améliorer la situation, avec les moyens dont vous disposez.
Comme nous nous retrouvons tous plus ou moins confrontés aux mêmes problèmes, voici quelques conseils pour grandement améliorer vos habitudes de travail.

Travaillez quand vous avez de l’énergie

Au cours d’une journée, notre énergie fluctue, avec des hauts et des bas. Trop souvent, nous essayons de travailler quand notre énergie est basse, par exemple après le repas du soir. Ce comportement est contre-productif. Demandez-vous plutôt à quels moments de la journée vous avez un bon niveau d’énergie.
Par exemple, vous pouvez plancher sur votre leçon directement en rentrant du travail ou de la fac, ou bien après une séance de sport. Ainsi, vous n’aurez pas le temps de vous effondrer sur votre canapé sans espoir de vous en relever. Une astuce également si vous êtes du genre lève-tard : pourquoi ne pas sortir du lit une demi-heure plus tôt le matin ? Vous serez frais et dispos et aurez en prime la satisfaction d’avoir bouclé votre travail quotidien.
A contrario, si vous tenez vraiment à profiter des moments où votre énergie est basse, trouvez des tâches adéquates. Par exemple, un film en version originale est idéalement placé en soirée, lorsque vous n’aurez pas forcément le courage de réviser de la grammaire.

  • Tâches de « haute énergie » (actives) : grammaire, vocabulaire (rédiger une liste), écriture, oral…
  • Tâches de « basse énergie » (passives) : lecture, musique, film en VO, vocabulaire (réviser une liste)…

Les gros cailloux avant les petits

Une image qui revient souvent lorsque l’on parle de gestion du temps est celle des gros cailloux. Imaginez que vous souhaitez remplir un bocal avec de gros cailloux, de petits cailloux et du sable. Pour y parvenir, il vous faudra mettre d’abord les gros cailloux, puis les petits cailloux et, enfin, le sable. Si vous essayez de faire l’inverse, vous n’arriverez pas à remplir le bocal.

Partez donc du principe que votre leçon est un gros caillou. Essayez donc de vous en occuper le plus tôt possible, pour ne pas tomber dans la spirale de la procrastination (« je ferai ça tout à l’heure/demain/un jour…). Pour reprendre des exemples énoncés plus haut, en travaillant tôt le matin ou directement en rentrant chez vous le soir, vous aurez accompli cette tâche importante et pourrez passer l’esprit tranquille à une activité moins importante : jeu vidéo / télé / coupe du monde, à vous de choisir.
Finalement, tout cela revient à bien gérer votre temps, un point crucial que nous avons déjà abordé.

gros caillou

Vos leçons n’ont pas forcément besoin de représenter un aussi gros caillou.

Un environnement de travail sain

Ne sous-estimez jamais l’impact négatif d’un bureau encombré ou d’un ordinateur difficile à utiliser. Dégagez votre plan de travail et gardez à portée de main tout ce dont vous aurez besoin : dictionnaire, livre, stylo, papier… Comme ça, vous n’aurez plus l’excuse de la flemme écrasante, parce que cet objet dont vous avez absolument besoin se trouve dans une autre pièce.
De la même manière, utilisez intelligemment votre ordinateur : placez les fichiers dont vous avez besoin sur le bureau, créez des raccourcis et, surtout, résistez à la tentation d’utiliser Internet pour autre chose que votre travail.

Soyez efficace

Même si c’est un peu radical, je suis convaincu qu’une séance de travail d’un quart d’heure reste souvent préférable à un gros pavé de deux heures. Si possible, visez la demi-heure.
Ainsi, vous resterez efficace, en travaillant vite et bien. A l’inverse, une session longue risque de s’éterniser, vous finirez par vous ennuyer, perdrez le fil de votre réflexion…

Pour conclure, il est impératif d’adapter vos méthodes de travail à votre personnalité, vos habitudes, vos goûts personnels, etc. Il n’existe pas de solution toute faite, n’ayez pas peur d’expérimenter. Avec le temps, vous arriverez à intégrer l’étude des langues dans votre quotidien et vous progresserez

Crédit photo : javiergakusei sur Flickr.

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1 réflexion sur « L’étrange lien entre l’aïkido et l’étude des langues »

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