Par Adrien

21 juin 2020

L’anglais est la langue imposée d’office. C’est la langue internationale. La langue du business et des start-up. La langue du voyage. La langue des séries et des blockbusters. Bref, vous l’avez compris … c’est LA langue à connaître.

Note de Pierre : cet article vous est proposé par Adrien, créateur du site et de la chaîne iSpeakSpokeSpoken. Vous y trouverez ses meilleurs conseils et techniques pour apprendre efficacement l’anglais.

De par cette réputation de langue internationale et parce que nous en sommes constamment entourés, vous entendrez souvent dire que l’anglais est une langue facile à apprendre.

L’amalgame entre utilité, nécessité et facilité est très présent et encore plus en milieu scolaire. Vos professeurs vous ont sûrement déjà dit : « Tu dois apprendre l’anglais, en plus c’est super facile. ».

Pourtant, ce n’est pas forcément le cas. L’anglais présente certains aspects simples, mais cache aussi beaucoup de difficultés.

Dans cet article, je vous explique en 3 points pourquoi l’anglais n’est pas si facile à apprendre. Je ne le fais pas pour vous effrayer… Bien au contraire, j’espère que ces informations vous seront utiles pour optimiser votre apprentissage. Let’s go!

1. Beaucoup de vocabulaire. Vraiment beaucoup.

L’anglais fait partie des langues avec le plus de mots. On compte plus de 200 000 entrées dans le dictionnaire dont 160 000 sont toujours d’usage.

Les différentes invasions des territoires anglophones sont la cause de cette quantité impressionnante de vocabulaire. En effet, au fil de l’histoire, l’anglais a absorbé beaucoup de mots provenant d’autres langues (dont beaucoup de mots français).

Vous serez donc confronté à une première difficulté : vous devrez apprendre et comprendre beaucoup plus de mots pour vous débrouiller de manière générale.

Et ce n’est évidemment pas le seul problème pour le vocabulaire. Bien qu’apprendre beaucoup de mots ne soit pas une tâche aisée, c’est encore plus difficile lorsqu’il y a beaucoup de pièges et de confusions possibles.

Je vous explique en détail.

Mots à double sens

En apprenant l’anglais, vous allez vite remarquer que beaucoup de mots peuvent avoir deux sens… complètement différents !

Quelques exemples :

  • A pupil : un élève ou une pupille
  • A nail : un ongle ou un clou
  • (A) fine : une amende (nom) ou bon, bien (adjectif)

Si vous avez un niveau intermédiaire ou avancé, cela ne vous posera pas de gros problèmes, car vous pourrez vous en sortir grâce au contexte.

Mais pour les débutants, c’est une tout autre histoire. Ce genre de subtilités n’aide pas lorsqu’il s’agit de parler une nouvelle langue.

Mots à double fonction

Pour « empirer » la situation, beaucoup de mots ont une double fonction.

C’est-à-dire : beaucoup de noms sont aussi des verbes et vice versa.

Quelques exemples :

  • Increase : augmenter ou augmentation ;
  • Jump : sauter ou saut ;
  • Walk : marcher ou balade ;
  • Cook : cuisiner ou chef, cuisinier ;

Cela peut sembler génial au premier abord… ça fait moins de mots à apprendre !

Mais je ne partage pas cet avis.

En effet, il y a l’avantage d’apprendre moins de vocabulaire. Mais, il y aussi le désavantage de ne pas savoir quel nom peut être verbe ou non.
Et surtout la prononciation, pour une même orthographe peut varier grandement.

Par exemple, « une augmentation » se dit an increase en anglais, l’accent tonique est sur la première syllabe : /ˈɪn.kriːs/, mais… « augmenter » se dit (to) increase, l’accent tonique est sur la deuxième syllabe :/ɪnˈkriːs/.

An increase (nom)

To increase (verbe)

(Source : Wiktionnaire)

Un autre exemple tout bête :

En anglais, pour dire « voiture », on utilise le mot car. On pourrait penser alors que le verbe « conduire » se dit car aussi, étant donné que beaucoup de noms ont aussi une fonction de verbe. Mais ce n’est pas le cas : pour dire « conduire », c’est le verbe drive qui est employé.

Un débutant pourrait faire beaucoup de fautes de ce genre. Mélanger les noms qui peuvent être verbes et ceux qui ne le sont pas.

De plus, certains mots n’ont pas du tout le même sens lorsqu’ils sont noms, verbes ou adjectifs :

  • Fly : voler ou mouche
  • Bear : supporter ou ours
  • Close : fermer ou proche (adjectif)

(ndPierre : s’ils sont bien indissociables à l’écrit, le verbe close se prononce /kloʊz/ et l’adjectif /kloʊs/, soit en gros « cloze » et « closse ».)

C’est un vrai casse-tête n’est-ce pas ? Et bien, vous n’êtes pas au bout de vos peines…

Les phrasal verbs

Je pense que vous l’avez compris : l’anglais est une langue plutôt coriace. Surtout quand il s’agit de vocabulaire.

Je vous ai réservé encore une dernière surprise : les phrasal verbs.

Je pense que c’est une des notions de vocabulaire les plus compliquées à maîtriser en anglais. En effet, vous en trouverez des centaines et décrypter leur sens n’est pas une tâche aisée.

D’abord, il faut que je vous explique ce qu’est un phrasal verb.

C’est un verbe auquel on ajoute une particule qui va changer son sens premier. Parfois cela n’altère que très peu le sens, souvent le verbe devient totalement différent :

  • Turn : tourner
  • Turn on : allumer, exciter
  • Turn off : éteindre, refuser

Ou encore :

  • Look : regarder
  • Look for : rechercher
  • Look after : prendre soin, s’occuper de
  • Look down on : mépriser
  • Look forward to : se réjouir de
  • Look up to : admirer, respecter quelqu’un

Comme vous pouvez le voir, il est presque impossible de deviner le sens d’un phrasal verb sans le contexte.

Ce sont des mots utilisés très fréquemment, ils font partie de l’anglais courant. Alors imaginez-vous face à face à un Américain qui parle super vite et qui en plus utilise ces tournures de phrases. Ce n’est vraiment pas évident !

2. La prononciation est totalement différente.

La sonorité de l’anglais est complètement différente du français.

  1. Un Français qui n’a jamais appris l’anglais de sa vie et qui tombe sur le mot wine, le dira « vine ». Alors qu’en anglais, on le dit « ouaïne » (plus ou moins). Une catastrophe !
  2. Et si ce même Français tombait sur le mot English, il le dirait « anglich » au lieu de « énglich » (plus ou moins). La prononciation ne serait pas parfaite, mais ça ne serait pas catastrophique.

C’est fou quand même, non ? Dans le premier exemple, le français et l’anglais sont complètement opposés et dans le second, la distinction n’est pas énorme.

Les sons et l’alphabet

En effet, la prononciation anglaise est très particulière : elle est composée de 44 sons différents et il existe plus de 1000 manières de les écrire.

Beaucoup de ces sons n’existent pas en français, comme le « TH » par exemple, ce qui représente une première difficulté. Car il est très difficile de réapprendre des sons après notre très jeune enfance : notre oreille ne sélectionne que ceux dont elle a besoin et ne reconnaît plus les autres.

De plus, comme les sons peuvent être écrits de beaucoup de manières, l’orthographe ne peut pas venir en aide. Comme vous l’avez vu dans l’exemple précédent, les mots wine et English ont un « i » qui ne se prononce pas du tout de la même façon.

Le rythme

L’anglais comporte des mots et des syllabes accentuées. Cela crée un rythme totalement autre que celui du français.

Lorsque vous verrez un mot ayant plus d’une syllabe, vous devrez placer correctement l’accentuation. Petit hic : il n’y a pas de règles spécifiques.

  • About : à propos (accentuation sur « bout »)
  • Increase : augmentation (accentuation sur « in »)

En pour compliquer le tout, certains mots sont plus accentués que d’autres dans les phrases. Typiquement : les verbes, les noms et les adjectifs seront plus accentués que les déterminants, conjonctions et prépositions.

Les accents

Cette difficulté n’est pas directement causée par la langue anglaise en elle-même, mais plutôt par le fait que c’est la langue de beaucoup de pays différents.

Si vous décidez d’apprendre l’anglais, c’est généralement pour voyager ou pour le travail.

Dans ces deux cas, vous allez vite remarquer que les accents changent fortement entre les différents pays : USA, Angleterre, Écosse, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, etc.

Et les accents varient aussi au sein du même pays (comme l’accent du sud ou du nord en France).

C’est un point non négligeable à prendre en compte, car il y a peu de langues qui offrent une telle variété d’accents. Je vous laisse cette vidéo pour avoir une petite idée :

3. La grammaire est plus facile, mais pas tout le temps.

En général, la grammaire est la raison pour laquelle les étudiants veulent éviter d’apprendre une nouvelle langue.

Ça se comprend, personne n’aime étudier des règles austères et pas toujours concrètes !

Et c’est là que votre professeur intervient : « Pas de souci, la grammaire anglaise est super simple. Il n’y a pas de genres féminin ou masculin et les terminaisons de conjugaison sont très faciles à mémoriser ».

Je suis d’accord pour les genres et les terminaisons de conjugaison. Mais il ne faut pas exagérer, la grammaire ne s’arrête pas à ces deux éléments.

La structure des phrases

Une première difficulté importante pour tout français qui veut parler anglais : les phrases ne se construisent pas avec la même logique.

Premier exemple :

  • Where are you from? : D’où viens-tu ?
    → Traduction littérale : Où viens-tu de ?

La place de la préposition n’est pas tout le temps similaire au français. Surtout dans les questions.

Deuxième exemple :

  • She gave him a gift. : Elle lui a donné un cadeau.
    → Traduction littérale : Elle a donné lui un cadeau.

L’ordre des pronoms varie en fonction des verbes en anglais.

Troisième exemple :

  • Do you want a cup of coffee? : Tu veux une tasse de café ?
    → Traduction littérale : Fais-tu vouloir une tasse de café ?

En anglais, les questions se construisent avec l’auxiliaire do sauf avec le verbe être ou avec un temps perfect. Il signifie « faire » lorsqu’il est utilisé comme verbe.

La conjugaison et l’emploi des temps

Vous entendrez souvent dire que pour conjuguer en anglais, il suffit d’ajouter un -s pour la troisième personne du singulier et c’est bon.

Ce n’est pas totalement faux.

L’anglais est extrêmement facile pour les terminaisons des verbes. Vous ne rencontrerez jamais de verbes qui changent en fonction de leur terminaison en -er, -ir, -dre, etc. comme en français (quel affreux souvenir^^).

Néanmoins, cela ne signifie pas que tous les aspects de la conjugaison en anglais sont simples. Loin de là !

Tout d’abord, vous devrez maîtriser les verbes irréguliers. Ce n’est pas grand-chose comparé à un Anglais qui veut apprendre le français, mais c’est déjà une difficulté non négligeable.

Ensuite, et c’est sûrement là que ça se complique : vous devrez comprendre la logique des temps en anglais. Effectivement, les anglais ne réfléchissent pas de la même manière que nous pour la temporalité.

En français, il y a une distinction nette entre le passé, le présent et le futur. En anglais, c’est plus subtil, ils réfléchissent plutôt en durée.

C’est pour cela que beaucoup d’élèves ont de la peine à s’y retrouver entre le présent et le présent continu ou le prétérit et le present perfect.

Conclusion

Tout au long de cet article, j’ai fait l’effort de « casser » la langue anglaise pour vous montrer qu’il y a aussi des aspects plus compliqués. En tant que prof d’anglais, ce n’était pas facile, mais je préfère être honnête avec vous.

Beaucoup de profs vous diront que l’anglais est super facile. Je suis absolument contre ce genre de déclarations, car cela met de la pression sur les épaules des étudiants qui ont de la difficulté.

L’anglais présente des aspects faciles, c’est certain, mais de là à dire que c’est une langue simple à apprendre, alors que c’est une langue totalement différente du français …

Dans tous les cas, il n’y a pas de langues miracles. Évidemment, vous aurez plus de facilité à apprendre l’italien si vous parlez français de base, car les racines sont les mêmes. Cependant, vous tomberez toujours sur des difficultés.

Justement, l’important est de connaître les différents aspects de la langue que vous voulez maîtriser. Ainsi, vous pourrez avoir un plan d’attaque précis en fonction des points forts et des points faibles.

Alors, vous êtes prêts à affronter les difficultés de l’anglais ?


Pour aller plus loin : si l’approche d’Adrien vous a plu, retrouvez également le test complet de sa méthode pour apprendre l’anglais.

Adrien

Adrien Jourdan est polyglotte et passionné par les langues étrangères (français – anglais – allemand – russe). Il partage ses connaissances sur YouTube pour vous permettre d'apprendre l'anglais avec un enthousiasme communicatif et une grande pédagogie. Adrien adopte une approche concrète et pratique de l’apprentissage des langues étrangères : importance de la prononciation – régularité et plaisir dans l’apprentissage notamment. Sans bien sûr délaisser la grammaire !

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