7 bonnes raisons d'apprendre l'italien

7 bonnes raisons d’apprendre l’italien

Après l’allemand, c’est au tour de l’italien d’être mis à l’honneur sur le blog. Cette langue romane, très proche du français, est souvent délaissée au profit de l’espagnol, plus largement parlé dans le monde. Il serait toutefois dommage de vous en détourner, car les avantages offerts par son apprentissage sont plus nombreux qu’il n’y paraît. Aujourd’hui, nous traverserons donc les Alpes, à la découverte de la langue italienne. Avanti!

Une langue mal aimée ?

Bien que très présent dans nos écoles, l’italien semble souffrir d’un relatif manque d’intérêt, tout comme l’allemand. Selon le site de Jakub Marian, seuls 5% des Français s’estiment en mesure de tenir une conversation dans cette langue (contre 6% pour l’allemand, 14% pour l’espagnol et 39% pour l’anglais).
De manière générale, si on se penche sur cette carte de l’Union Européenne, on s’aperçoit que l’italien est assez peu parlé en Europe, du moins en dehors des régions où il est historiquement présent.

Italophones en Europe

L’intérêt pour la langue italienne semble étrangement limité en Europe.

Je n’ai pas vraiment d’hypothèse à avancer par rapport à ce désamour français. Je pense simplement que l’espagnol et l’italien, très proche et partiellement inter-compréhensibles, se retrouvent souvent mis en concurrence ; l’espagnol, de par son poids économique et démographique, a tôt fait de reléguer l’italien au rang de curiosité raffinée.
Comme nous l’avons fait pour l’allemand, tâchons de redonner à la langue italienne l’importance qui est la sienne.

Apprendre l’italien, pourquoi ?

L’italien est la troisième langue de l’Union européenne

Selon un rapport Eurobaromètre spécial datant de 2012, l’italien est la langue maternelle de 63 millions de personnes en Europe, soit 12,52 % de la population de l’Union européenne, ce qui le place en troisième position, derrière l’allemand (15,71%) et l’anglais (12,91 %), mais devant le français (12,09 %).
L’italien est bien entendu parlé en Italie, au Vatican, à Saint-Marin, dans certains cantons de Suisse, mais aussi dans quelques régions de Slovénie et de Croatie. A Malte, près des deux tiers de la population le parle couramment.
Bref, si l’influence de l’italien en dehors des régions historiquement italophones est limitée, il serait dommage de se priver d’une occasion de communiquer avec des dizaines de millions de nos voisins.

L’Italie est le deuxième partenaire commercial de la France

Si l’Allemagne remporte de loin la palme de premier partenaire commercial de la France (16,8 % de nos échanges), l’Italie se place tout de même au deuxième rang. En 2013, 7,1% de nos échanges commerciaux se sont faits avec notre voisin transalpin, soit plus que l’Espagne (6,4 %), les Etats-Unis (6,4%) et la Chine (6,0 %).
Si vous souhaitez apprendre une langue pour augmenter vos chances de trouver du travail, l’italien est un choix plutôt intéressant pour vous démarquer.

L’Italie est la huitième économie mondiale

On présente souvent l’Italie comme un pays déclassé, à l’économie vieillissante. Si le récent rachat d’une entreprise par Pirelli par un groupe chinois est symptomatique de la tourmente dans laquelle semble pris le savoir-faire italien, ne perdons pas de vue que le pays reste extrêmement riche : il se situe tout de même à la huitième place mondiale et au quatrième rang européen.
L’économie italienne est puissante et bien diversifiée : industrie, tourisme, luxe, agriculture… Vous seriez étonné de découvrir quels produits familiers sont d’une manière ou d’une autre liés à l’Italie. Les Ray-Ban que vous avez sur le nez ? Propriété de Luxottica, poids lourd du secteur de la fabrication de lunettes, depuis 1999. Vous croyez que les Kinder Surprise de votre enfance viennent d’Allemagne ? Tout faux ! Ils sont la création de Ferrero, tout comme le fameux Rocher et le célébrissime Nutella. L’automobile n’est pas en reste, avec des entreprises mondialement connues comme Fiat (soit Fiat, Lancia, Alfa Romeo), Ferrari ou Lamborghini. Idem pour le luxe : Gucci, Prada, Dolce & Gabbana…

Panorama de Gênes

Magnifique panorama de Gênes, importante ville du nord-ouest de l’Italie.

Une langue facile à apprendre

Ce n’est un secret pour personne, l’italien est très proche du français. Pour cause, nos deux langues sont issues du latin vulgaire, parlé par le peuple de l’Empire Romain. Dans ces conditions, l’italien est une langue qu’il est facile d’apprendre pour nous autres francophones, au même titre que l’espagnol.
L’italien a en outre l’avantage d’être phonétiquement très simple : il s’écrit comme il se prononce. Grammaire et conjugaison ne sont pas forcément évidentes, mais elles restent suffisamment similaires au français pour que vous ne vous sentiez pas perdu.

A noter que ce que nous appelons « italien » n’est en réalité que l’un des très nombreux dialectes qui cohabitent sur la péninsule, à savoir le toscan. Lorsque le Royaume d’Italie unifié a été proclamé en 1861, il a fallu choisir une langue standard que tout le monde utiliserait pour communiquer. Ce choix s’est finalement porté sur le dialecte parlé à Florence, considéré comme le plus prestigieux de tous.

Une langue de culture et un pays magnifique

L’apport culturel de l’Italie est immense et ce depuis des millénaires. Dès l’Antiquité, la culture de ce pays a rayonné sur le monde et s’est réinventée sans cesse : République puis Empire romain, Italie médiévale, Renaissance florentine et romaine, Risorgimento… Bref, il y a de quoi faire ! Aujourd’hui encore, l’Italie occupe une place de choix dans de nombreux secteurs prestigieux, comme la mode ou le design. L’Exposition Universelle de 2015 vient d’ailleurs d’ouvrir ses portes, à Milan.
L’Italie est le quatrième pays le plus visité au monde et possède le plus grands nombre de sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. De Rome à Venise en passant par Palerme, la langue italienne vous permettra de découvrir l’une des cultures les plus riches au monde.

Si vous souhaitez en savoir plus au sujet de la ville de Rome, je vous recommande la lecture de ce dossier en trois parties que j’avais consacré à la capitale italienne. Vous y trouverez nombre d’informations pour préparer un voyage que vous n’oublierez pas de sitôt.

La cuisine italienne est réputée dans le monde entier

Peu de gastronomies ont aussi bien réussi leur exportation que la cuisine italienne. Les pâtes, lasagnes et pizzas sont consommées aux quatre coins de la planète, dans des versions plus ou moins fidèles à leurs origines. Pour revenir sur le Nutella, la France en est le premier consommateur mondial.
La découverte de la culture italienne passe donc inévitablement par celle de nombreuses spécialités régionales, qui servent aussi de sujet de conversation autour d’une table. En effet, chaque famille détient ses recettes et secrets de fabrication et ne manque pas de les évoquer à l’heure du repas.
Avec le temps, vous apprendrez que la mozzarella est faite avec du lait de bufala et non de vache (on appelle ce second fromage fior di latte, « fleur de lait ») et qu’il ne viendrait jamais à l’esprit d’un Italien sensé de mettre de la crème fraîche dans sa carbonara. On ne plaisante pas avec les traditions, comme par exemple le café à boire bien serré.

Cappuccino

Rien de tel qu’un cappuccino pour célébrer votre amour de l’Italie !

C’est une langue belle et prestigieuse

Le Monde des Langues ne fait pas de favoritisme et vous ne lirez jamais sur le blog qu’une langue est plus ou moins belle qu’une autre. Cela n’a tout simplement pas de sens.
Cela étant dit, l’italien est une langue qui séduit énormément, de par son accent chantant et l’image romantique qu’elle véhicule. Ce n’est pas un hasard si elle a fortement marqué le monde des arts et plus particulièrement celui de la musique. Piano, solo, soprano, fortissimo : autant de mots que de nombreuses langues empruntent directement à l’italien.

Voir Naples et… apprendre l’italien ?

J’espère que cet article vous aura donné envie de découvrir la langue italienne, plus riche et utile qu’on veut souvent le croire. Elle reste simple d’accès, surtout si vous connaissez déjà une autre langue latine, comme l’espagnol. Si ce n’est pas le cas, vous ne perdrez pas votre temps en l’apprenant, car elle vous servira de tremplin vers les langues de cette famille, même les plus éloignées : le roumain, le catalan voire le portugais vous seront ainsi facilités.

Alors que près de 6 % de la population française (quatre millions de personnes) est d’ascendance italienne et qu’une grande partie de notre culture vient directement d’Italie, apprendre cette langue est finalement un moyen de renouer avec nos origines et notre identité.

Crédit photos et carte : Justin Brown, Jakub Marian, Paolo Margari, roevin.

17 réflexions sur « 7 bonnes raisons d’apprendre l’italien »

  1. Elfin

    Ta liste des raisons pour apprendre l’ italien est très complète ! Comme je donne leçons d’ italien, j’ étais trés contente du sujet !

    Moi j’ étude l’ espagnol, et il y a des fois que j’ ai pensé que savoir le français et l’ italien, m’ aidait d’ un coté mais me limitait aussi.
    En faite, au début les mots sont pareils mais puis on risque de rester toujours au même niveau et ne pas améliorer.

      1. Albert

        Il n’est pas toujours évident de différencier les langues. Je parle couramment italien, ma langue maternelle est le français. Mais j’éprouve beaucoup de difficultés à apprendre l’espagnol, parce que j’utilise trop l’italien comme « langue béquille » lorsque je suis en difficulté.

  2. Alexis

    Encore une fois un bel article, cette fois sur la langue italienne. J’ajouterai cependant une nuance quand tu écris que c’est une « langue facile », mais je crois que nous sommes d’accord sur ce que dissimule cette expression. Aucune langue n’est facile au sens où c’est toujours au prix de longs efforts que l’on parvient à un niveau avancé. Si une langue était facile, alors nous Français, nous devrions nous exprimer presque spontanément en italien et avec fluidité ce qui est loin d’être le cas. Bien sûr, un rapport de proximité existe du fait de racines latines communes, et aide grandement à la fois francophones et italophones à comprendre la langue de l’autre. Cela dit, il ne faut pas perdre de vue qu’une langue est comme un nouveau logiciel de lecture pour notre cerveau, qui véhicule une vision du monde distincte et qu’il faut donc apprendre à lire correctement. On n’a jamais qu’une seule langue maternelle, hors cas de familles plurilingues. Ce que je veux dire c’est qu’il en coûtera à n’importe qui de bien maîtriser l’italien au-delà d’une simple commande au restaurant, précisément parce qu’une langue étrangère est un logiciel différent de notre français natal, proximité linguistique ou non.

    Sans rapport avec le point précédent, et si effectivement l’Italie fait partie des pays les plus riches du monde, je voudrais plus insister ici sur la dimension patrimoniale de cette langue que sur les aspects purement économiques dont les multinationales font partie intégrante et sont du reste bien connues. Il n’y ait pas, je crois, d’autre pays au monde où le sens du mot « Histoire » raisonne plus fort que dans la péninsule italienne. Traversée à tous les âges par diverses civilisations, quand elle n’a pas été un laboratoire d’idées pour le monde, l’Italie est le parfait mille-feuille historique où s’entrecoupe sans problèmes vestiges antiques et médiévaux, églises baroques à la technologie la plus moderne comme des villes comme Rome ou Turin peuvent en témoigner. Ce sont précisément ces couches successives, ces sédiments de l’Histoire, qui ont construit l’éclatant patrimoine italien. Ce qui m’amène à penser que ce richissime patrimoine est vecteur d’emplois, peut-être plus confidentiels mais tout aussi existants.
    Maîtriser la langue italienne ouvre donc à une culture absolument prodigieuse, nous sommes bien d’accord. Il serait donc dommage de s’en détourner, car franchement combien de pays peuvent se targuer ne serait-ce que de rivaliser avec le patrimoine italien ? Bien peu pour ne pas dire aucun. Si bien que l’italien, qui ne fait pas partie des grandes langues de communications que sont l’anglais, l’espagnol l’arabe ou le russe, se suffit à lui-même du fait de ces particularités.

    On a hélas trop souvent tendance, par dérive utilitariste, à choisir une langue en fonctions du nombre de ses locuteurs. Ce qui est loin d’être idiot bien sûr car une langue sert avant tout à communiquer. Mais alors on retombera toujours sur les mêmes langues, au détriment sinon au risque de ne pas en considérer d’autres qui peuvent tout autant nous apporter personnellement comme professionnellement.

    Dernier point, personnellement je n’apprendrai pas une langue pour sa simple gastronomie, mais il faut reconnaître que le charme gustatif s’ajoute au charme linguistique ! Un autre point commun entre Français et Italiens !

    1. Pierre Auteur de l’article

      Je suis d’accord avec tout ce que tu dis dans ton commentaire. Concernant l’incroyable patrimoine historique de l’Italie, tu sais sans doute que ce pays est celui qui possède le plus de sites classés à l’UNESCO !
      Quant à la « facilité » de l’italien, je voulais surtout mettre en avant la similitude avec le français, qui rend cette langue relativement facile d’accès pour un francophone. Parler parfaitement italien ne se fait évidemment pas en un jour.

  3. DONIN

    Bonjour,
    Merci pour cet article, je suis professeur d’italien indépendante et, justement, je me demande comment mettre en valeur cette langue si peu étudiée et trop souvent, comme le dit si bien l’article, mal aimée en France… à mon grand désespoir puisque que je suis passionnée et amoureuse de cette langue.

    1. Pierre Auteur de l’article

      Salut Chloé,
      Je pense que le problème n°1 de l’Italie est son image de pays charmant mais un peu désuet, enfoncé dans la crise et dans les problèmes sociaux (mafia, migrants, dénatalité…). Bref, peu de gens voient dans la péninsule un pari sur l’avenir. Je pense que la meilleure chose à faire reste de rectifier certains clichés : l’Italie n’est pas un pays pauvre (du moins le nord…), les Italiens ne sont pas tous malhonnêtes, on ne met pas d’huile dans l’eau de cuisson des pâtes, etc. Bref, sortir de la vision « O sole mio » qui colle au pays.

      1. Chloé Mordu d'Italie

        Salut Pierre,
        Effectivement… je crois que les clichés ont pris le dessus. J’espère pouvoir convaincre, grâce à mes cours d’italien, que cette langue n’est pas celle que l’on croit.
        Ce pays est tellement riche de culture ! Ce phénomène m’attriste un peu plus à chaque fois que quelqu’un dénigre les italiens devant moi. Comme je rétorque toujours, tant qu’on a pas vécu dans le pays il ne faut pas critiquer 😉

  4. Pierre

    Bonjour,
    Je voulais savoir si l’apprentissage de l’italien était facilité par la pratique du français (langue maternelle), de l’espagnol ainsi que la connaissance du latin (6 ans d’études) ?

  5. Evelyne

    Bongiorno,
    L’italien est ma langue maternel. J’aime beaucoup cette langue, je voudrais la pratiquer plus souvent. Mon seul regret, est, quelle ne soit pas parlé dans d’autre endroit (pays) dans le monde.
    Ciao ciao

  6. John Levallois

    Je vis au Congo, j’apprends l’italien pour y aller poursuivre mes études.
    Je souhaiterais comprendre cette langue dans toute ses tournure et sa richesse culturelle me fascine, donc merci pour ton article.

  7. Enzo

    Bonjour , j’ai une question pour certaines personnes qui seraient déjà allé en Italie ( ou si il sont Italien par ailleurs ).
    Je suis d’origine Sicilienne et j’aimerai apprendre l’Italien , malgré tout , après avoir parlé avec certains italien , on m’a souvent rapporté qu’en Italie les dialectes étaient encore très pratiqué. Cela pose t-il problème pour aller en Italie ? Tout les Italiens parlent des dialectes ? Et si oui , faudrait-il apprendre un dialecte en particulier en plus de l’Italien ? Excusez-moi si j’ai très peu de connaissances vis-à-vis de l’Italie et de sa merveilleuse langue. Merci

    1. Pierre Auteur de l’article

      Bonjour Enzo,
      L’italien standard a toujours été suffisant pendant mes voyages en Italie. Vous ne comprendrez pas forcément les gens quand ils parleront entre eux, mais pour communiquer directement, a priori, aucun problème.

  8. Sophie

    Bonjour Pierre.
    J’aimerais savoir votre nom de famille pour pouvoir faire la bibliographie de votre blogue. Je l’utilise pour un projet de l’école puisqu’il est extrêmement intéressant.

    Merci beaucoup!

  9. Bibiche

    Bonjour,
    Merci pour l’article ! De ma part, mon cœur me dit de suivre des cours d’Italien et ma tête, donc la foutue raison 🙂 me dit de suivre des cours d’Espagnol en vue d’atteindre plusieurs cultures unies par la même langue à quelques différences près bien évidemment.
    Cet article est venu chercher mon coeur 🙂 donc la réponse est claire 🙂

    Merci encore 🙂
    Bibiche

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