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Les langues d’Europe (1/3)

L’Europe a la particularité fascinante d’avoir donné naissance à un très grand nombre de langues, qui se sont par la suite répandues dans le monde entier. Cet article a pour objectif de présenter un inventaire des principaux langages parlés sur notre continent, classés par familles linguistiques.

Un continent dominé par les langues indo-européennes

L’immense majorité des langues parlées en Europe appartient au groupe indo-européen. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une famille de langues parlées de l’Europe à l’Inde, qui aurait pris naissance sur les rives de la Volga plusieurs millénaires avant notre ère. Le français est une langue indo-européenne, tout comme l’allemand, le gaélique, le russe et même l’iranien et l’hindi ! Vous l’aurez compris, les langues parlées en Europe ont presque toutes la même origine : notre continent a été peuplé par des vagues successives d’ethnies venues d’Asie, parlant pour la plupart des langues indo-européennes.
Détaillons à présent les principales familles de langues indo-européennes présentes dans les pays qui nous entourent.

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Une carte illustrant la grande diversité linguistique qui règne en Europe.

Les langues romanes

Commençons si vous le voulez bien par la famille de langues à laquelle appartient le français : les langues romanes, aussi appelées langues latines. Elles sont le témoin de l’influence que Rome a exercé sur le bassin méditerranéen pendant toute l’Antiquité. En effet, on peut considérer toutes les langues latines comme des dialectes du latin ayant été influencées par les langues parlées localement. Par exemple, le français a évolué à partir du latin tout en incorporant du vocabulaire issu des langues gauloises, puis franciques. Presque toutes s’écrivent avec l’alphabet latin, emprunté aux Etrusques, inspiré de l’alphabet grec, lui-même issu de l’alphabet phénicien. Ouf !
Parmi ces langues latines, on peut isoler quelques groupes importants, dont voici une liste non-exhaustive.

Le français

Notre langue a la particularité d’avoir été unifiée et codifiée relativement tôt (à partir de la Renaissance), mais cette unité apparente cache une réalité plus nuancée. On peut considérer que deux grands groupes linguistiques cohabitent en France, les langues d’oïl dans le nord et langues d’oc (ou occitan) dans le sud. Ces deux mots, oïl et oc, correspondent aux deux manières de dire « oui » dans ces langues. On peut ajouter une troisième famille, moins importante, le franco-provençal (ou arpitan), parlé de la Suisse francophone à l’Auvergne, en passant par la région Rhône-Alpes et une partie de l’Italie.
La variante du français qui s’est imposée peu à peu comme la langue nationale n’est autre qu’un dialecte d’oïl qui s’est diffusé depuis Paris.

Les langues de la péninsule ibérique

La différence, voire l’opposition entre les deux principales langues espagnoles, le castillan et le catalan, met en évidence le caractère plurilingue du pays. Ainsi, selon que vous vous trouvez à Madrid ou à Barcelone, vous serez amenés à parler deux langues différentes. N’oublions pas non plus le galicien, présent dans le nord-ouest du pays.
De manière générale, on peut considérer que l’espagnol (castillan) a été fortement influencé par l’arabe, suite à une présence de plus de sept siècles sur la péninsule ibérique. Il a par la suite évolué indépendamment en Amérique latine, où il a donné naissance à de nombreuses variantes.
Le catalan, quant à lui, se rapproche plutôt de l’occitan français. Outre la Catalogne espagnole, il est parlé dans les Baléares, en Andorre et dans le département français des Pyrénées-Orientales.

Le portugais est l’autre grande langue parlé sur la péninsule et s’est lui aussi répandu dans l’empire colonial portugais, au Brésil, dans plusieurs pays d’Afrique et au Timor oriental.

Les langues italiennes

Unifiée relativement tard (1861), l’Italie comporte une très grande diversité linguistique. Si grande, que l’on considère que les dialectes du nord de l’Italie sont plus proches des langues latines de l’ouest (français, espagnol), tandis que les dialectes du sud du pays se rapprochent davantage des langues latines orientales telles que le roumain. Cette limite, située au nord de la Toscane, est baptisée ligne La Spezia-Rimini. Autant dire que l’opposition entre le nord et le sud du pays a des racines profondes.
Le toscan a été adopté comme italien standard, alors que la capitale du royaume d’Italie nouvellement créé se trouvait à Florence, avant la conquête de Rome en 1870. Langue de la Renaissance florentine, utilisée notamment par Dante Alighieri, le toscan a tout naturellement trouvé sa place comme langue standard italienne.
Prudence, donc, si vous allez en Italie, car on ne vous parlera pas de la même façon à Milan, Rome, Naples ou Palerme !
A noter pour finir que le corse est un dialecte italien très proche du toscan.

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Cette carte montre bien la séparation entre les langues romanes occidentales et orientales.

Le roumain et le moldave

J’ai volontairement mis ensemble ces deux langues d’Europe de l’Est, car on considère souvent que la frontière qui sépare le roumain (écrit en alphabet latin) et le moldave (parfois écrit en alphabet cyrillique) est davantage politique que linguistique.
Le roumain et le moldave sont donc les deux grandes langues latines parlées en Europe de l’Est, assez proches de certain dialectes du sud de l’Italie, comme le napolitain, avec une influence slave assez marquée : en roumain, « oui » se dit « da ».

Autres langues romanes

Impossible d’évoquer tous les représentants d’une famille de langues. Pour autant, nous n’oublierons pas le sarde, parlé comme son nom l’indique en Sardaigne, ni les variantes du rhéto-roman, utilisées en Suisse et dans le nord de l’Italie.

Les langues germaniques

Ces langues étaient initialement parlées par les peuples germaniques vivant au-delà des frontières de l’Empire romain, qui ont peu à peu migré en Europe de l’ouest et du nord.
On peut distinguer deux grands groupes germaniques : la branche nordique et la branche occidentale.

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Les deux branches de la famille germanique : nordique et occidentale.

Branche nordique

Cette branche, aussi appelée scandinave ou septentrionale, regroupe l’ensemble des langues parlées en Scandinavie, qui descendent du vieux norrois médiéval. Elle est elle-même divisée en deux sous-groupes, issus d’une scission progressive du vieux norrois :

  • Sous-groupe nordique occidental : appartiennent à ce groupe l’islandais, le féringien (parlé aux îles Féroé) et les dialectes norvégiens proches du nynorsk.
  • Sous-groupe nordique oriental : il regroupe le danois, les dialectes proches du bokmål norvégien et le suédois. Quelques langues minoritaires présentes sur le territoire suédois, le dalécarlien et le gutnisk, appartiennent également à ce sous-groupe.

Le cas de la Norvège

Vous l’aurez remarqué, j’ai cité deux variantes du norvégien, le bokmål et le nynorsk. Dans ce pays cohabitent de nombreux dialectes, en plus de deux langues officielles. Le bokmål (« langues des livres »), anciennement appelé riksmål (« langue du royaume »), est proche du danois, du fait de la longue domination du Danemark sur la Norvège. Il est principalement parlé dans l’est et le nord du pays. Le nynorsk (« néo-norvégien »), est le fruit d’une volonté de reconstruire un norvégien plus « pur » et débarrassé de ses influences danoises. Il s’agit en quelque sorte d’une synthèse de différents dialectes, qui a fini par s’imposer comme une véritable langue vivante, utilisée principalement dans l’ouest du pays.

Branche occidentale

La branche occidentale des langues germaniques se subdivise elle aussi en deux catégories : le sous-groupe allemand et le sous-groupe anglo-frison.

  • Sous-groupe anglo-frison : cette famille a principalement donné naissance à l’anglais, au scots, langue écossaise proche de l’anglais, mais aussi aux différentes variantes du frison, langue encore parlée aux Pays-Bas et en Allemagne.
  • Sous-groupe allemand : aussi appelé sous-groupe germano-néerlandais, il comprend notamment l’allemand et le néerlandais. Cette dernière langue a donné naissance à plusieurs variantes régionales, les plus connues étant le flamand de Belgique et l’afrikaans d’Afrique du Sud. L’aire linguistique allemande s’étendait anciennement jusqu’en Europe de l’Est, mais a été considérablement réduite après la Seconde Guerre Mondiale. A ces langues, on peut également ajouter le yiddish et le luxembourgeois.

Ce premier voyage à travers l’Europe touche à présent à sa fin. Dans une prochaine partie, nous aborderons les langues slaves et celtiques, ainsi que les autres langues indo-européennes parlées sur le continent.

Partie 2 : les autres langues indo-européennes
Partie 3 : les langues non-indo-européennes

Crédit photo : mzieglerraschdorf

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