Conseil de l'Europe

Fixez-vous des objectifs grâce au CECR

Le Cadre Européen Commun de Référence est un outil très utilisé dans le domaine des langues étrangères. Si vous êtes lycéen ou étudiant, vous en avez probablement déjà entendu parler. Cet article vous permettra de mieux comprendre ce système et surtout de l’utiliser pour évaluer votre niveau actuel et vous fixer des objectifs motivants.

CECR, définition

Le CECR, ou Cadre Européen Commun de Référence pour les langues, est à l’origine un document publié en 2001 par le Conseil de l’Europe (organisation internationale dépassant les frontières de l’Union européenne). Son objectif est double : fournir une base commune pour l’élaboration des programmes d’étude, ainsi qu’un barème d’évaluation applicable quelle que soit la langue.
Le CECR invite les enseignants à se poser les « bonnes questions », à se demander qui sont leurs élèves et ce qui les amène à apprendre, pour leur proposer des objectifs concrets. Il propose ensuite une échelle permettant de situer son niveau de compétences, les fameux A1, A2, B1… dont vous avez sans doute entendu parler.

Cet outil est donc parfaitement en phase avec la philosophie du site : une approche vivante, des méthodes utilisables pour toutes les langues, une échelle permettant de savoir où on en est, pour mieux décider de ce qu’on va faire ensuite.
Vous trouverez le document complet à cette adresse, je vous recommande sa lecture. Pour ma part je me contenterai de vous résumer les informations que vous pourrez mettre en pratique dès aujourd’hui, concernant l’échelle de maîtrise des langues.

Les six niveaux de compétences

Le CECR préconise l’utilisation d’une échelle répartie sur six niveaux, allant de A1 pour les débutants à C2 pour les experts. Si, durant ma scolarité et mes études, j’ai rarement entendu parler de ce barème (pourtant déjà en place à l’époque), je remarque aujourd’hui que les lycéens et étudiants ont des objectifs pédagogiques s’y rapportant, par exemple « atteindre le niveau B2 d’ici la Terminale ».
J’apprécie particulièrement cette échelle dans la mesure où elle permet de s’auto-évaluer, à condition bien sûr de faire preuve d’objectivité. Certes, sur un CV, cela n’aura pas l’impact d’une évaluation certifiée par un organisme, comme le TOEFL ou le TOEIC, mais ce n’est pas le but recherché ; il s’agit pour vous d’atteindre une plus grande autonomie, en étant capable de savoir où vous en êtes dans votre parcours.

Critères utilisés

Le barème retient généralement cinq compétences clés : en fonction de ce que vous pensez être capable de faire, vous pourrez vous situer sur l’un des six niveaux de l’échelle. Les cinq compétences sont elles-mêmes divisées en trois groupes : comprendre (écouter, lire), parler (prendre part à une conversation, s’exprimer oralement en continu) et écrire.

  • Ecouter : il s’agit de votre capacité à comprendre ce que vous entendez. Un débutant (A1) percevra quelques mots si son interlocuteur parle lentement, un expert (C2) n’aura aucune difficulté de compréhension, même dans des conditions difficiles.
  • Lire : le pendant écrit de la compréhension. Plus vous progresserez, plus vous serez en mesure de comprendre des textes complexes et abstraits.
  • Prendre part à une conversation : votre capacité à vous faire comprendre par votre interlocuteur. Avec le temps, vous maîtriserez mieux le vocabulaire et les nuances de la langue étudiée.
  • S’exprimer oralement en continu : la nuance avec le critère précédent est assez fine. Ici, il s’agit d’être capable d’articuler des idées, de décrire quelque chose ou de construire un argumentaire.
  • Ecrire : il est question de votre capacité à articuler des idées à l’écrit. Avec l’expérience, vous serez en mesure de rédiger des textes de plus en plus complexes, de la carte postale (A1) jusqu’à la critique littéraire (C2).

D’autres critères sont également proposés, mais je les trouve moins concrets, donc moins pratiques : étendue, correction, aisance, interaction, cohérence. Ils sont néanmoins intéressants, surtout si vous enseignez la langue ; je vous laisse vous référer à la page 28 du document pour plus d’informations.

Trois niveaux, six sous-niveaux

Le barème comporte trois niveaux (A, B, C), rarement utilisés tels quels. A correspond au niveau d’un utilisateur élémentaire (qui apprivoise peu à peu la langue), B à celui d’un utilisateur indépendant (qui peut donc se débrouiller de manière autonome) et C à celui d’un utilisateur expérimenté (qui maîtrise à fond la langue).

Dans les faits, chaque niveau est divisé en deux sous-niveaux (A1 et A2 par exemple), ce qui donne donc six paliers de maîtrise de la langue.

Utilisateur élémentaire

  • A1 (niveau introductif ou de découverte) : débutant, vous avez acquis les premières structures de la langue ainsi qu’un vocabulaire de base. Vous pouvez formuler quelques phrases simples sur des sujets concrets, mais il faut que votre interlocuteur parle lentement et se montre compréhensif.
  • A2 (intermédiaire ou de survie) : vous êtes désormais capable de comprendre des phrases simples sur des sujets qui vous sont familiers. Pour communiquer, vous avez cependant besoin que le vocabulaire utilisé reste simple et direct.

Utilisateur indépendant

  • B1 (niveau seuil) : vous voilà arrivé à l’étape supérieure. Vous comprenez les points essentiels d’un discours clair touchant à des sujets familiers et êtes vous-même en mesure de produire un discours simple et cohérent, toujours sur des sujets familiers. Vous pouvez vous débrouiller en voyage, dans diverses situations.
  • B2 (avancé ou indépendant) : on arrive à un niveau intéressant ! Une conversation avec un locuteur natif ne pose aucun problème, vous êtes capable de vous exprimer sur une large gamme de thématiques et de comprendre des sujets concrets ou abstraits.

Utilisateur expérimenté

  • C1 (autonome) : vous avez atteint une véritable maîtrise de votre discours, que ce soit dans votre vie sociale ou professionnelle, vous vous exprimez couramment en cherchant rarement vos mots. Vous comprenez des textes longs et complexes, y compris leur signification implicite.
  • C2 (maîtrise) : félicitations, vous avez atteint le niveau de maître jedi de la langue ! Vous n’avez quasiment jamais de difficulté à comprendre ce que vous lisez et êtes capable de vous exprimer sur des sujets complexes, en faisant ressortir les nuances les plus fines.

Notez cependant que cette liste est un résumé destiné à vous donner une idée des différents niveaux de maîtrise : copier-coller l’intégralité du document n’aurait pas eu de sens. Si vous voulez évaluer vos compétences dans une langue, je vous invite à consulter l’article Wikipédia, ou le document lui-même.

Conclusion : niveaux de maîtrise et objectifs

Comme vous avez pu vous en rendre compte, cette échelle se base sur des critères concrets, que même un débutant est à même d’évaluer, et est utilisable pour toutes les langues. Il est donc facile de savoir où on en est, d’une part, mais aussi de se fixer des objectifs clairs, par exemple « passer du niveau A1 à A2 d’ici la fin de l’année ».
Un dernier avertissement cependant pour la définition de vos objectifs : passer d’un niveau à un autre se fait de plus en plus lentement en fonction de votre avancée. Par exemple, passer de A1 à A2 pourra se faire en quelques mois, progresser de C1 à C2 vous prendra sans doute des années. Comme je l’ai expliqué dans le précédent article, ce phénomène est tout à fait normal. Bon courage !

Crédit photo : Wikipédia.

9 réflexions sur « Fixez-vous des objectifs grâce au CECR »

  1. Tel

    Merci pour cet article, qui m’a permis de découvrir cette échelle d’évaluation.
    Après plusieurs années d’apprentissage seule ou presque, j’ai l’impression de ne pas avoir encore atteint le niveau A2.
    Mais au moins ça me donne un objectif!

    1. Pierre Auteur de l’article

      Merci pour ton commentaire, je me permets de rebondir dessus.
      Il ne faut surtout pas se décourager si notre niveau semble « bas » sur cette échelle. En effet, elle est très large et, par exemple, un B1 est déjà solide. Je ne parle même pas du C2, qui demande des années d’intense travail.
      Dans tous les cas, bon courage à toi pour la suite !

  2. Shany

    Merci pour ce résumé clair et concis!
    Je suis amenée à retravailler mon anglais (que je dirais entre le B1 et le B2) et commencer le niveau A1 d’espagnol en même temps car j’ai fais la démarche de reprendre des études niveau seconde.
    Seul petit problème: En seconde on espère d’un étudiant en espagnol minimum le niveau A2-B1… Et je démarre de zéro, personne ne peut m’aider dans mon entourage direct.

    -Stresse et perfectionnisme faisant leur effet, j’ai beaucoup de mal a suivre mon programme duolingo et du coup j’ai perdu le rythme. Le résultat étant, je te le donne en mille: des grosses phases de procrastination des que je sais que je dois faire un devoir ‘d’espaingouin’ comme dirais certains.

    Alors je t’avoue que sans ton site je serais perdue!
    Je me souviens être passée par les niveau A1 et A2 d’anglais au collège, mais jamais nos enseignants ne nous ont dit leur signification réelle. Savoir que je peux indépendant m’en servir maintenant pour gérer mon progrès est un véritable soulagement!!

    Si jamais je perds a nouveau le rythme je viendrais procrastiner sur ton site, le seul risque sera que j’apprenne quelque chose d’intéressant qui me remotivera!

    Le truc c’est que l’espagnol ne m’intéresse pas, si j’avais eu le choix pour démarrer une langue cette année en ayant un niveau de retard: j’aurais pris une langue scandinave! Genre Suédois voire même Finlandais(Oui. Même le Suomi m’intéresse plus que l’espagnol, et pourtant niveau galère… on atteint de haut sommets!)

    ANYWAY!
    Merci pour ton site! Il est super utile! Je vais me permettre de le garder en favoris x3

    1. Pierre Auteur de l’article

      Salut Shany,
      Content que mon site puisse t’aider. Si tu as des problèmes d’organisation, n’hésite pas à relire les articles que j’ai écrits sur le sujet et à utiliser chains.cc ou un autre service du même genre.
      Concernant l’espagnol, c’est en effet un problème courant dans les études, se retrouver avec une langue qui ne nous intéresse pas. Mais comme tu es « coincée » avec, tant qu’à faire, essaie de creuser un peu pour trouver quelque chose qui te motive, de rencontrer des gens parlant la langue. Le monde hispanophone étant d’une immense richesse, tu trouveras forcément un élément qui te donnera envie d’apprendre cette langue.

  3. Yanis

    Bonjour,

    J’ai un niveau B2 en anglais, niveau B2 en italien… Mais je suis dans un bac pro gestion admnistration en alternance, et à la fin de l’année on nous demande d’avoir un niveau B1 à raison d’une heure d’espagnol par semaine… Est-ce faisable selon vous?

    Sachant que pour l’anglais et l’italien, en cours général de Bac L, j’avais 5 heures de chaque par semaine.
    J’essaye aussi tout seul d’apprendre le grec et voir le mandarin… Mais je commence les bases.

    Je pense qu’il faut avoir de solide bases, et j’ai une prof d’anglais d’origine colombienne (donc elle parle couramment anglais, espagnol, francais…) qui nous a dis qu’il faut faire comme les « bébés » c’est à dire commencer par les nombres, couleurs, petites phrases puis complexifié ensuite, sachant que comme le français, certaines temps, mots ou tournure de phrases sont rarement utilisées…

    🙂

    1. Pierre Auteur de l’article

      Bonjour Yanis,
      Dans les conditions que vous me décrivez (moins d’un an pour atteindre un B1 à raison d’1h par semaine), ça me semble complètement irréaliste. Après, si vous travaillez votre espagnol par vous-même en dehors des cours, les choses seront potentiellement très différentes !

  4. Ariane

    Bonsoir. Merci encore de partager ces informations au grand public. Je suis souhaite vraiment devenir traductrice un jour et vos articles sont pour moi et répère et surtout un mode d’emploi à suivre.

  5. Marc Bonnet

    Bonjour,

    J’ai un niveau complètement déséquilibré. Suivant les langues j’ai un niveau qui va de B1 à A2 en lecture ( B1 espagnol, B2 italien A1/2 anglais. Mais mon niveau se situe bien en-dessous (de A1 à B2) en conversation. Et je n’arrive pas à combler cet écart.

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