Bien débuter l'étude d'une langue

Bien débuter l’étude d’une langue

Apprendre une langue n’est pas une tâche facile. C’est un travail qui demande énormément de temps et de motivation, ainsi qu’une discipline à toute épreuve. Pourtant, l’échec d’un tel projet n’a bien souvent rien à voir avec sa difficulté. Au contraire, de nombreuses personnes échouent à apprendre une langue pour la simple et bonne raison qu’elles n’ont jamais commencé à le faire. Abordons à présent le sujet délicat du « premier pas » et voyons comment le rendre aussi aisé que possible.

Dédramatiser le premier pas

Le début de l’apprentissage d’une langue peut être comparé à l’angoisse de la page blanche chez l’écrivain : on a très envie de s’y mettre, on s’y prépare en se disant que tout va bien se passer, mais dès qu’il s’agit de passer à l’action, rien n’y fait, on se retrouve bloqué.
Ce phénomène correspond bien entendu au premier obstacle que j’évoquais dans un précédent article, « je ne sais pas par où commencer » : passer de l’idée au projet concret. Cette étape du commencement est si importante qu’il m’a semblé indispensable de lui consacrer un article à part.

Vous avez peut-être déjà commencé à apprendre la langue

Si vous vous posez la question de vous mettre à apprendre une langue, c’est peut-être parce que, sans forcément vous en rendre compte, vous êtes déjà en contact avec elle. Par exemple, si vous êtes passionné d’animation japonaise et que vous souhaitez apprendre cette langue pour comprendre les anime que vous regardez en VO, vous avez déjà commencé le processus d’apprentissage. Mieux, si vous désirez apprendre l’anglais, prenez le temps de vous rendre compte que cette langue nous entoure au quotidien et que vous connaissez déjà un certain nombre de mots : week-end, check-in, walkman… Je ne parle même pas du nombre de mots français présents dans la langue anglaise : il faut vous rendre à l’évidence, même si vous ne l’avez jamais appris, vous parlez déjà un peu l’anglais !

Prenez donc le temps de réfléchir à où vous en êtes, pour mieux définir vos besoins. Par exemple, si vous n’avez jamais pratiqué une langue, votre niveau sera « grand débutant ». Si, au contraire, vous l’avez apprise à l’école puis oubliée par la suite, vous entrez plutôt dans la catégorie « faux débutant ». Même si vous êtes sincèrement convaincu d’avoir tout oublié, ce n’est pas la même chose !

Les deux piliers pour bien débuter l’apprentissage d’une langue

Définir une stratégie

L’apprentissage d’une langue n’est jamais qu’une longue suite d’actions concrètes visant à mémoriser des informations. Vous voyez ? Rien de bien mystérieux ! Une fois ce constat établi, demandez-vous quelles seront, pour vous, ces fameuses actions concrètes. Allez-vous faire l’acquisition d’une méthode de langue ? Vous inscrire à un cours du soir ? A propos des cours de langue, si vous avez peur de franchir le pas, sachez que de nombreux organismes proposent des initiations gratuites, justement pensées pour séduire les indécis. Ainsi, vous pourrez décider si la pédagogie vous plaît et investir (ou non) sans remord.

Comme nous venons d’aborder l’aspect financier, un mot à ce sujet : sachez trouver le juste équilibre. Le Monde des Langues soutient l’approche suivante : apprendre une langue ne devrait jamais coûter un bras. Il existe de nombreuses ressources gratuites de grande qualité : sites spécialisés, logiciels, voire quelques cours. N’hésitez pas à vous renseigner, vous pourriez être surpris !
En revanche, il serait dommage de tomber dans l’obsession du tout-gratuit et de vous priver de ressources tout aussi intéressantes, sous prétexte qu’elles sont payantes. Encore une fois, soyez lucide par rapport à votre budget et vos besoins, mais n’ayez pas peur d’investir dans votre projet. Si par exemple vous pensez faire des économies en achetant uniquement la version papier d’une méthode, sous prétexte que les CD (ou MP3) reviennent trop chers, détrompez-vous : vous perdrez sans doute beaucoup plus d’argent par la suite en essayant de vous défaire des mauvaises habitudes que vous avez prises à l’oral…
Pour finir sur ce point (qui n’a rien d’anodin), envisagez votre investissement comme une motivation supplémentaire : vous serez beaucoup moins tenté d’abandonner un projet dans lequel vous avez investi de l’argent. Si, à l’inverse, vous refusez catégoriquement de dépenser vos deniers, peut-être est-ce le moment de vous demander si vous êtes réellement motivé…

Une fois choisi votre support d’étude, il vous reste encore à poser des objectifs pour les prochains mois. Pour ce faire, je vous renvoie à l’article consacré aux objectifs SMART, vous y trouverez toutes les informations dont vous avez besoin.
Lorsque vous aurez accompli ces diverses tâches, félicitations : vous savez où vous allez et avez un support solide pour votre apprentissage. Un mot pour les lecteurs plus aguerris : il est tout à fait possible de se passer d’un cours ou d’une méthode, à condition de très bien savoir ce que l’on fait. Je déconseille cette approche aux débutants, car elle implique d’être naturellement très motivé et d’être capable de créer un fil conducteur à son apprentissage. C’est plus difficile que ça en a l’air et les cours et méthodes le font pour vous : pourquoi vous en priver ?

Créer un environnement propice

L’une des lieux communs qui revient le plus souvent dans le domaine des langues étrangères est sans doute : « on n’apprend une langue que si on est en immersion ». Je n’aime pas cette phrase pour deux raisons : tout d’abord, parce qu’elle donne l’impression, fausse, qu’il est impossible de bien apprendre une langue si on n’habite pas dans le pays où elle est parlée. Ensuite, parce que « l’immersion » est un concept très flou et abstrait, donc plus susceptible de vous perdre que de vous aider.
Malgré ce coup de gueule (nécessaire), je ne peux que vous conseiller de créer un environnement propice à votre apprentissage. En dehors de vos leçons, révisez votre vocabulaire, regardez des films et séries en VO, trouvez des locuteurs avec qui converser, intéressez-vous à la culture que vous étudiez. Bref, intégrez la langue à votre mode de vie, en privilégiant les activités qui vous intéressent.
J’appelle ces éléments les « relais de motivation », car ce sont eux qui vous fourniront la motivation nécessaire à votre projet, une fois que l’enthousiasme des débuts sera retombé.

Commencer à apprendre une langue

Pour réellement commencer à apprendre la langue, il va falloir faire comme cet Indien : vous jeter à l’eau !

Un système qui fonctionne… si vous vous le mettez en pratique !

Ces deux composantes de votre apprentissage, à savoir votre stratégie principale (cours avec un professeur, leçons dans une méthode, etc.) et l’environnement que vous créez autour, sont aussi importantes l’une que l’autre. Délaissez la première, il vous manquera un cadre sérieux pour progresser ; négligez la seconde et votre motivation ne tardera pas à retomber.
Un dernier mot enfin, pour que votre système fonctionne : commencez à utiliser la langue dès que vous aurez commencé à l’apprendre. Parlez, lisez, écoutez : soyez curieux, soyez actif. Certes, vous n’irez pas bien loin dans un premier temps, mais vous adopterez un état d’esprit puissant, qui vous permettra de progresser sans même vous en rendre compte.

Un bon départ dans votre apprentissage de la langue vous permettra de travailler efficacement, tout en restant longtemps motivé. Bien entendu, vous n’en êtes pas au bout de vos peines, mais vous avez déjà fait l’essentiel : vous y mettre !

Crédit photos : Ulmann Patrik, …your local connection.

3 réflexions sur « Bien débuter l’étude d’une langue »

  1. Evens MOÏSE

    Bonsoir monsieur Pierre, je me sens réjouir de lire tous vos conseils et je rapidement comprend comment je pourrais faire pour démarrer mon apprentissage avec les objectifs Smart. Alors, je me jette dans l’eau.

  2. Jerome

    bonjor Mr Pierre
    merci de vos articles très interessants ! Je me permets de signaler 3 toutes petites coquilles, au cas où vous souhaiteriez les corriger :
    1. [b]Créer un environnement propice[/b]
    L’une des lieux communs qui revient le plus souvent –> il faut bien sûr enlever le « e » de « l’une des lieux communs »

    2. Un système qui fonctionne… si vous vous le mettez en pratique !

    –> je crois qu’un seul « vous » suffirait !

    3. Bien entendu, vous n’en êtes pas au bout de vos peines –> « Vous n’êtes pas au bout de vos peines » me semble + correct (à moins d’ajouter « pour autant » à la fin de la proposition relative) mais peut-être que ça se discute…

    Encore merci pour vos articles extrêmement utiles.
    jerome

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