Langues étrangères : pourquoi vous n'y arrivez pas (2/2)

Langues étrangères : pourquoi vous n’y arrivez pas (2/2)

Voici la deuxième partie de notre dossier traitant des problèmes qui vous empêchent de progresser. Comme ces embûches sont aussi nombreuses que variées, un second article ne sera pas de trop pour vous les présenter. Dans une première partie, nous avons abordé les deux problèmes les plus importants : tout d’abord celui de la démotivation, avec ses causes externes et internes, puis le cas d’un apprentissage mal équilibré.

Dans cette partie, nous aborderons trois autres problèmes fondamentaux et très fréquents : une mauvaise gestion du temps, un manque de calibrage et une trop faible importance accordée à la prononciation.
Comme pour la première partie de l’article, n’hésitez pas à revenir vers les lignes qui vont suivre si vous sentez que quelque chose cloche dans votre apprentissage. Malheureusement, les problèmes de ce type peuvent survenir à n’importe quel moment.

Diagnostic : deuxième partie

Une mauvaise gestion du temps

Si je vous répète à longueur d’article que vous devez travailler régulièrement, ce n’est pas pour vous imposer un mode de vie monacal, mais parce que c’est de loin la meilleure manière de procéder. Comme nous l’avons vu dans la première partie du dossier, vous devez découper votre projet en petites tâches que vous effectuerez régulièrement, chaque jour si possible. Bien sûr, les aléas de votre vie feront que vous ne respecterez pas toujours ce planning à la lettre, mais ce n’est pas très grave tant que vous vous y tenez le reste du temps.
Surtout, ne tombez pas dans la procrastination, cette spirale qui consiste à espacer de plus en plus vos séances de travail. Vous les rendrez moins efficaces et votre motivation flanchera peu à peu. En d’autres termes, si vous n’apprenez pas à gérer votre temps, vous le perdrez, tout simplement.

Comment mieux employer votre temps

Si vous sentez que vos heures creuses pourraient être mieux employées, vous pouvez réaliser l’opération suivante : prenez une feuille et notez-y votre emploi du temps de la semaine. Vous pourrez y trouver des « trous », c’est-à-dire des moments perdus qui pourraient être mis à profit pour apprendre une langue. Cet article consacré à l’épineuse question du temps vous donnera des idées d’activités à faire quand vous en avez l’occasion.

De manière générale, l’organisation qui me semble la plus intéressante est la suivante : travaillez environ une demi-heure chaque jour sur vos leçons, puis accordez-vous un peu plus de temps, par exemple le week-end, pour mettre à plat ce que vous avez appris. Ce sera par exemple l’occasion de revoir un point de grammaire sur lequel vous étiez passé un peu vite.
Si vous prenez des cours (particuliers ou en groupe), la recette ne change guère. Lorsque vous n’avez pas cours, révisez ce que vous avez appris lors de la séance précédente. Rien ne vous empêche d’ailleurs de mélanger cours et méthode de langue si vous en avez le temps et la motivation.
Pendant la journée, profitez de vos moments d’inactivité pour réviser du vocabulaire, sur une bonne vieille liste ou une application dédiée, écoutez la radio ou de la musique, lisez des articles, etc. A vous de trouver ce qui vous convient, en fonction de vos goûts et du temps que vous avez devant vous, bref, créez-vous des routines de travail.

Une adaptation insuffisante à la langue apprise

Chaque langue a ses spécificités, auxquelles vous consacrerez plus ou moins d’attention : alphabet, déclinaisons, conjugaison, genres grammaticaux… Une méthode de travail qui fonctionne pour une langue ne sera donc pas forcément transposable telle quelle sur une autre. Par exemple, si vous essayez d’apprendre le japonais exactement de la même manière que vous avez appris l’espagnol, je ne suis pas convaincu que vous réussissiez.

Ce point est assez délicat, car il demande de l’expérience et un certain recul par rapport aux langues étrangères, mais vous finirez par prendre le coup de main. Efforcez-vous en tout cas de vous poser les bonnes questions dès le début de votre apprentissage. Si possible, utilisez la technique de la pomme rouge : il suffit de demander à un locuteur de la langue de traduire quelques phrases simples, à partir desquelles vous pourrez isoler les principales difficultés qui vous attendent.
Vous découvrirez vite les éléments spécifiques à la langue sur lesquels porteront vos efforts : les trois genres en allemand (masculin, féminin, neutre), l’alphabet et les six déclinaisons en russe, les tons et les sinogrammes en chinois…

De l’intérêt des cours et méthodes

Une fois de plus, à moins de vraiment savoir ce que vous faites, ne réinventez pas la roue. Un cours ou une méthode de qualité mettra naturellement l’accent sur les difficultés inhérentes à la langue que vous apprenez.
Prudence cependant : toutes les méthodes ne se valent pas. J’ai par exemple déjà vu des méthodes de japonais entièrement écrites en alphabet latin… Renseignez-vous toujours avant de passer en caisse pour éviter une mauvaise surprise par la suite.

Langues étrangères et difficultés

Si la tâche qui vous attend vous paraît insurmontable, rappelez-vous qu’un projet bien préparé vous amènera toujours à bon port.

Une prononciation négligée

La prononciation est sans doute l’aspect le plus complexe du domaine des langues étrangères, en tout cas celui qui cristallise le plus d’inquiétudes. Combien de personnes ai-je entendu se plaindre de leur accent ou bien formuler le désir de « parler comme un natif » ! Améliorer son accent est un travail de longue haleine, mais qui ne devrait pas vous faire peur.
La prononciation a la particularité d’être un élément à la fois abstrait et très intuitif. Il est certes possible de la rationaliser : la phonétique et la phonologie sont les deux branches de la linguistique qui s’en occupent et l’alphabet phonétique international (API) permet de retranscrire la majorité des sons à l’écrit.
Cela dit, nous apprenons la prononciation d’une langue surtout par imitation. Malheureusement, c’est là que le bât blesse : il nous arrive, souvent sans nous en rendre compte, de mal imiter un son puis de le mémoriser de travers.

Comme je l’ai expliqué dans l’article sur l’âge optimal pour apprendre les langues, en devenant adultes, nous perdons notre faculté à entendre certains sons. Le résultat est le suivant : au lieu de percevoir correctement le phonème, nous le rapprochons inconsciemment du plus proche son que nous connaissons et nous le mémorisons ainsi.
Cette pour cette raison que les mots qui passent d’une langue à l’autre peuvent prendre une forme « inattendue » une fois transformés. Les habitants de ces pays prononcent le mot en fonction des sons qu’ils ont intégrés. Par exemple, « gare » a donné ga en vietnamien, « vacances » est devenu バカンス (bakansu) en japonais, « autobus » se dit Автобус (avtobus) en russe…
Malgré tout, il reste possible de réapprendre à entendre correctement les sons étrangers. Si vous êtes musicien, vous serez d’ailleurs avantagé, puisque vous aurez entraîné votre oreille pendant des années. Je vous encourage en tout cas à demander à un locuteur natif de la langue d’écouter et de corriger votre prononciation. Par extension, je pense qu’il est préférable de commencer toute langue à la prononciation très exotique (comme le mandarin) avec un professeur qui saura vous indiquer comment prononcer les différents phonèmes. Ainsi, vous éviterez de prendre de mauvaises habitudes que vous aurez du mal à perdre par la suite.

Le cas de l’anglais

Certaines langues, comme l’anglais, sont extrêmement exigeantes du point de vue de la prononciation. Il est presque impossible de connaître la prononciation d’un mot anglais simplement en le lisant, ce qui n’est pas le cas d’autres langues beaucoup plus simples de ce point de vue. Pour bien apprendre l’anglais, il est indispensable de considérer que chaque mot est composé de deux éléments inséparables : l’orthographe et la prononciation.
Lorsque vous découvrez un nouveau mot, cherchez sa prononciation dans un dictionnaire, généralement donnée en API. Cet alphabet a de quoi faire peur, mais avec des exemples et un peu d’expérience, il n’est pas si difficile à utiliser. Si vous utilisez un dictionnaire en ligne, il est probable que l’entrée comporte un fichier sonore. Vous trouverez quelques précisions à ce sujet dans cet article.
Pour apprendre rapidement la prononciation de nombreux mots anglais, je vous invite à regarder des films et séries télé sous-titrées (en anglais). Ainsi, vous associerez naturellement orthographe et sonorité pour chaque nouveau terme rencontré. Pensez également à télécharger le guide sur la prononciation anglaise que j’ai créé pour vous.

Prononciation de l'anglais

Les joies de la prononciation en anglais !

Conclusion : pas de panique !

Au risque de me répéter, ne vous découragez pas si vous vous retrouvez dans l’une ou l’autre de ces situations : le but de ce double article est justement de vous aider à vous en dépêtrer. Si vous avez déjà commencé à apprendre la langue, il n’est jamais trop tard pour vous remettre sur les rails. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à jeter un œil à la section Bien débuter, où vous trouverez tous les conseils pour partir sur de bonnes bases.

Crédit photos : Chris Ford, Jennifer Boyer, eltpics.

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